Des Guégonnais chefs de chouans

Des Guégonnais chefs de chouans

 

Source : Si Guégon m’était conté, de l’abbé Edouard NIZAN, octobre 1986, p. 55, 56,

 

          Quelques hommes issus de la paroisse (ou commune) de Guégon, près de Josselin, ont voulu eux aussi lutter contre les principes républicains de la Révolution. Parmi eux, on trouve :

 

1) Jean Caté, capitaine, tué par les Bleus, alors qu’il traversait l’Oust, le lundi de Pâques 28 mars 1796. Il venait d’assister à l’Assemblée de Saint-Gobrien (Saint-Servant-sur Oust), comme bon nombre de chouans, dont Louis PICAUD, lieutenant de CATE. La garnison de Josselin était tombée sur eux à l’improviste et les Chouans perdirent une trentaine d’hommes. Louis PICAUD réussit à échapper aux Bleus.

              Jean Caté s’était marié à Trégranteur (Guégon) à Julienne BRULE, le 19 juin 1792. Il laissait une fille, épouse de Jean BOMPAIS en 1818.

 2) Louis PICAUD fit sa soumission en 1799. En premières noces, il avait épousé la veuve de … Jean Caté. Il est l’arrière-grand-père de Mgr PICAUD, évêque de Bayeux.

 3) François MICHEL, né à la Ville Bourgou, en 1769, fils de Jacques MICHEL et de Michelle LE FLOCH, fit des études pour rentrer au séminaire, mais la Révolution va en faire un chouan redouté. Il devint même chef de bataillon dans l’armée chouanne du fameux Pierre GUILLEMOT.

           Le 8 juillet 1801, MICHEL fait partie de la bande qui arrête à Coët-Méan (en Guégon) trois Josselinais, dont Julien LE BLAY, qui, chose curieuse, est relâché à Lantillac.

          Le 16 septembre 1801, jour de foire à Josselin, MICHEL et ses amis se saisissent, près de Mi-Voie, de deux commerçants de Ploërmel et de leurs marchandises. Les deux hommes, qui étaient des acquéreurs de biens nationaux, ne sont relâchés que moyennant rançon de 3 000 Francs pour l’un, et de 4 800 Francs pour l’autre. Quant aux marchandises, MICHEL et sa bande les transportent jusqu’à Saint-Jean-Brévelay, où Pierre GUILLEMOT les cache en lieu sûr.

         Dans la nuit du 29 au 30 décembre de la même année, MICHEL fut blessé par les Bleus du côté du village de Cadoudal en Plumelec, mais parvint à leur échapper en traversant la Claie à la nage, malgré sa blessure et le grand froid.

Plus tard, MICHEL passe en Angleterre avec d’autres Chouans et meurt à Guernesey en 1805.

4) Julien PASSAVANT, du village du Bot. Recherché depuis longtemps, n’ayant pas voulu passer en Angleterre, car il a femme et enfant, et ne trouvant plus facilement de cachette depuis que la Chouannerie se meurt après 1801, il s’en va à Lorient, où il a des parents.

              Mais la police est à ses trousses et donne son signalement le 11 août 1803 :

            « Passavant , natif de Guégon, âgé de 23-24 ans, taille moyenne, d’environ 5 pieds et 3 à 4 pouces, cheveux châtains clairs, sourcils blonds, barbe naissante, front haut, yeus bleus, nez ordinaire. Sa femme est petite, avec une figure ronde, et elle a avec elle un enfant de 10 mois. Tâchez d’arrêter ce coquin, et prenez garde qu’il ne s’échappe, car il est bien leste. »

              Cinq jours plus tard, PASSAVANT est arrêté. Jugé et condamné, il est guillotiné à Vannes, le 24 décembre 1803.

 

 

 

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